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Fabriquons nos peintures : La peinture à l'amidon

Les fabrications de peintures naturelles sont très en vogue ces dernières années.

Ce billet vous explique comment fabriquer une peinture à base de fécule de pomme de terre.

 

 

 

 

L'auteure

Suite à des vacances dans le Lubéron, je suis tombée sous le charme des massifs ocriers à Roussillon.

J'ai en outre visité le petit conservatoire des ocres qui propose des mini stages.

 

 

 

 

 

La peinture à la pomme de terre nous vient des campagnes anciennes d'Europe du Nord. Cependant elle est assez récente puisque la pomme de terre n'est introduite en Europe qu'au XVIème siècle avec le retour des grands explorateurs de l'empire Inca. Elle est véhiculée dans tous les pays européens, considérée comme une curiosité botanique,  interdite en France un moment, soupçonnée d'apporter la lèpre, elle se développe plutôt en Italie, Suisse et Allemagne au XVIIème. Elle connaît enfin un grand succès au XVIIIème siècle jouant un rôle stratégique pour alimenter les forces armées

Elle s'utilisait sur les murs poreux, comme du plâtre (à notre époque, idéal aussi sur le placo) et boiseries de cabanon. C'est ici l'amidon de la pomme de terre qui fait office de liant. Techniquement, on pourrait tester avec l'amidon du maïs ou des pois, mais pratiquement, je n'ai pas fait le test. 

C'est une peinture qui s'applique à la brosse, non lessivable une fois sèche, assez résistante, même aux UV. Cependant, je vous conseille son utilisation en intérieur. Pour l'extérieur, nous parlerons bientôt de la peinture suédoise à la farine qui, à mon avis est plus appropriée. Donc, cette peinture à l'amidon a un fini mat et velouté, elle peut être une alternative à la peinture à la chaux, plus couvrante que cette dernière mais n'a cependant pas l'effet anti-vermine ou antiseptique de la chaux. Il vous faudra quand-même deux, voire trois couches pour un résultat plus soutenu (avec 2 heures de séchage entre les couches). Plus vos pigments seront clairs et plus il faudra de couches, avec un pigment rouge vous serez probablement satisfait après 2 couches. Il est également possible de la cirer pour obtenir un effet satiné et choisir de l'utiliser dans ce cas pour une salle de bain ou une cuisine, par exemple.

 

 

 

 
 

La fabrication de cette peinture peut se faire de deux manières, soit avec des pommes de terre comme au XVIIème siècle, soit de façon plus moderne avec de la fécule de pomme de terre.

Consommables :

1 litre d'eau, 50 gr de pigments, 200 gr de blanc de meudon, 100 gr de pommes de terre (ou 20 gr de fécule de pommes de terre), une cuillère à soupe d'huile de lin ou de savon liquide.

Matériel :

Casserole, presse-purée, fouet, verre doseur, balance, bol.

Recettes :

Épluchez les pommes de terre et faites-les cuire à fond dans une casserole. Écrasez convenablement avec le presse-purée, il ne doit pas y avoir de grumeaux. Faites chauffer 1/2 litre d'eau et incorporez-la aux pommes de terre écrasées. Imbibez le blanc de meudon avec un peu d'eau et incorporez-le au mélange précédent. Mélangez consciencieusement.

 

Introduisez les 50 grammes de pigments et le demi litre d'eau restant. Mélangez à chaud cette préparation jusqu'à homogénéité parfaite. Complétez avec votre cuillère à soupe d'huile de lin ou de savon liquide qui servira d'agent mouillant. Il vous faudra une vingtaine de minutes pour réaliser cette recette (après la cuisson des pommes de terre) et vous pourrez couvrir jusqu'à 8 m² pour un litre de peinture, selon la porosité du support.

Votre préparation n'est pas conservable longtemps, comme tout ce qui contient des produits naturels, à utiliser dans la journée de préférence.

 

 

 

 
 
 

Commentaires

  • Chambord58
    • 1. Chambord58 Le 18/03/2020
    Une peinture que l'on ne se sert pas chez nous ....pour une raison toute simple....lors du réchauffement de la terre au printemps nous sommes vraiment embêtés par le doryphores

    Je sors Rosa, mon pavé à laver

    Bisesssss

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